mercredi 15 février 2017

Livres lus ou relus (terminés entre le 23 et le 29 décembre)

- Raymond Queneau, Zazie dans le métro, Gallimard, 1959
- Roger Giroux, L'arbre le temps, Eric Pesty Editeur, 2016
- Roger Giroux, Lettre, Eric Pesty Editeur, 2016
- Roger Giroux, Lieu-je, Eric Pesty editeur, 2016
- The Grand Piano, Part 1, Mode A, 2006
- Emmanuel fournier, La comédie des noms, Eric Pesty Editeur, 2016
- André Gide, Paludes, Le livre de poche, 1971 (1895)

1- Combien de fois ai-je lu Zazie? Livre complexe, lié à l'enfance, le film de Louis Malle, revu récemment, livre fondateur, un des démarreurs aussi, auquel je reviens fréquemment, comme L'île au trésor de Stevenson.
2- Livre de la gnose et de la sexualité - les deux thématique se mêlent, avec les personnages aux sexualités interchangeables, Marcel(ine) Et Gabriel(la), Zazie qui vieillit, sa mère et son Jules, la veuve Mouaque et le flicard. Les tentateurs. J'y verrai bien une réécriture de certains épisodes de la Genèse. Livre d'enfance et de maturité et la fin foisonnante, incompréhensible pour un enfant et énigmatique pour le lecteur que je suis, après la traversée souterraine.
3- Réédition en trois volumes distincts, et c'est une excellente idée, des textes regroupés dans la réédition de L'arbre le temps, publié au Mercure de France en 1979. Chacun retrouve son autonomie matérielle, sa place propre, son lieu de jeu. Lecture infiniment riche, complexe, dans une évidence pourtant là. Espace aussi d'une redécouverte, d'une autre lecture. Peu d'éléments qui pivotent, travaillent leur présence / absence, dans un renouvellement permanent du mouvement, du travail de la perception.
4- The Grand Piano: autobiographie collective de 10 poètes liés au mouvement Language, dans les environs de San Francisco, entre 1975 et 1980. Dix volumes, répondant à des contraintes de permutation d'auteurs et des thématiques imposées: les textes s'enchaînent les uns aux autres, s'enrichissent mutuellement, forment un kaléidoscope. C'est un travail fascinant, une lecture vraiment en développement constants que je suis heureux de reprendre.
5- "Dispersing agents free a large-scale version of desire." (Bob Perleman); "From what knowledge held in common, to what aporia?" (Barrett Watten).
6- Emmanuel Fournier abandonne quelques moments les infinitifs pour les noms. Loin d'une posture purement formaliste, le choix des infinitifs produit des effets magistraux, une véritable philosophie infinitive, le mode de dire et le dit s'éclairant l'un l'autre par le truchement du choix formel. Ici, l'usage exclusif du nom produit d'autres effets, tout aussi passionnants: "Sentiment d'une découverte, impression de surgissement: l'être, ici et maintenant, en toute évidence." 
7- Je me souviens d'une discussions entre étudiants, dans le hall de la fac de Rennes, où il était question du livre de Gide, qui avait bouleversé un camarade, livre-clé pour lui. Je me décide , un peu par hasard, à la lire, très longtemps après. Trop tard? Je passe à côté... complètement.

dimanche 22 janvier 2017

Livres lus ou relus (terminés entre le 16 et le 22/12)

- Fabcaro,  Zaï zaï zaï zaï, 6 pieds sous terre éditions, 2015
- Jean Genet, L'atelier d'Alberto Giacometti, L'arbalète, 1995
- Jean Genet, Rembrandt, L'arbalète Gallimard, 2016
- Helena Eriksson, Virvel, Eric Pesty / Chateaux, 2016
- Helena Eriksson, 8 clos, Eric Pesty / Chateaux, 2016

1- Je lis rarement des bandes-dessinées. Ici, un road-movie complètement absurde qui se joue des codes de la société de consommation, de l'autobiographie en image, des engagements, de l'autodérision, entres autre choses... Une sorte de mise en abyme, fine et cinglante, avec de beaux éclats de rire en cours de lecture. Suivre les conseils conjugués de deux personnes.
2- De beaux livres de Genet, que je connais très mal. Disparate des formes, travail sur plusieurs plans. Narration critique et entretiens pour Giaccometti, réécriture du mouvement du texte, dans un croisement de deux verticales, pour Rembrandt. Des textes riches, apéritifs, dans l'idée d'un développement de désirs. Découvrir, écrire, connaître, lier.
3- "Chaque objet crée son espace infini." (à propos de Giacometti)
4- Un système d'échos: Claude Royet-Journoud.
5- Je ne lis pas le suédois et c'est bien dommage.Une langue étrangère, un autre son.
6- Deux très beaux petits livres, une feuille pliée en quatre, comme un théâtre de mots.  Le huit couché. Clos. Une tendresse et un travail sur l'entre, l'autre et le commencement. L'intervalle ouvert. Un miroitement.

dimanche 18 décembre 2016

Livres lus ou relus (terminés entre le 8 et le 15/12)

- Eugène Savitzkaya, A la cyprine, Minuit, 2015
- Nicolas Tardy, Liens à creuser, lnk, 2016
- Nicolas Tardy, Poèmes ménagers, L'Attente, 2002
- Eric Chevillard, Mourir m'enrhume, Minuit, 1987

1- Plus de cinéma, moins de livres. Fabriquer des livres, moins de lecture
2- Rêvasser un peu, dormir comme on sombre, abandon du polar du soir.
3- Lecture plus réussie d'A la cyprine, dont la première attaque m'avait beaucoup déçue, sans doute du fait de la diversité des formes, qui vont de choses très simples, presque vers de mirlitons, à la jungle plus dense habituelle. Et l'horizon d'attente de Cochon farci. Les choses trouvent plus leur place cette fois-ci, dans ces textes amoureux, corporels et sexués, toujours dans une luxuriance verbale.
3- Relecture d'un lnk, le travail fait. Nicolas Tardy clôt la série. J'aime son travail sur le cut up, le mix, les changements de registres, le jeu de mot, les catapultages high/low culture. Lisez les Poèmes ménagers.
4- J'ai dû lire le livre de Chevillard en 1988 ou 1989 pour la première fois, emprunté à la bibliothèque municipale, alors que je grappillais un peu à droite à gauche pour tester des choses, ce queje fais encore, mais nettement moins. Un avant-goût. Depuis, il m'accompagne et j'aime toujours avoir un de ses opus non lu dans les parages, au cas où. Comme un compagnon. Dans ces aventures drôles et absurdes, avec de drôles d'envolées délirantes, je vois maintenant mieux quelques défauts techniques, quelques sources, je perçois une évolution, mais je reste toujours très attaché à ce livre: monsieur Théo explorant l'univers et fomentant des plans diaboliques de son lit de mort pour débarrasser la Terre de son humanité, avec le soutien de la petite Lise, et la présence importune de le vieille Plock, Suzie de son prénom.
5- Sortir des livres de la bibliothèque, papillonner de l'un à l'autre, chrestomathie intime en mouvement, faire des piles, les voir s'effondrer, ranger, passer l'aspirateur. Ne pas négliger les tâches ménagères.

dimanche 11 décembre 2016

Livres lus ou relus (terminés entre le 2 et le 8/12)

- Lao-Tzeu, La voie et la vertu (Tao-tê-king), traduction de François Huang et Pierre Leyris, Seuils, "points", 1979
- Christophe Mescolini, Selves, manuscrit inédit
- Helena Eriksson, Théorème de densité, traduit par l'auteur et Jonas (J) Magnusson, Eric Pesty Editeur, 2011
- Helena Eriksson, Entre ou L'autre proximité, traduit par l'auteur et Eric Pesty, lnk, 2016
- Eugène Savistzkaya, Cochon farci, Minuit, 1996
- Martin Richet, Météorologiques, Climat de chasseur, lnk, 2016
- Martin Richet, Météorologiques,"à la dérive", lnk, 2016
- Dominique Rouche, Hiulques Copules, Gallimard, 1973
 - K.O.S.H.K.O.N.O.N.G, revue dirigée par Jean Daive, Eric Pesty Editeur, numéro 6, 2014
 - K.O.S.H.K.O.N.O.N.G, revue dirigée par Jean Daive, Eric Pesty Editeur, numéro 7, 2015
- K.O.S.H.K.O.N.O.N.G, revue dirigée par Jean Daive, Eric Pesty Editeur, numéro 8, 2015
- K.O.S.H.K.O.N.O.N.G, revue dirigée par Jean Daive, Eric Pesty Editeur, numéro 9, 2015
 - K.O.S.H.K.O.N.O.N.G, revue dirigée par Jean Daive, Eric Pesty Editeur, numéro 10, 2016

1- Lao-Tzeu, recommencé plusieurs fois en 25 ans, jamais terminé. La vie autonome des livres dans la bibliothèque. Lecture dans le bus, pas assez attentive. Je pense à Confucius par certains aspects (et à François Matton pour d'autres raisons!), prends quelques notes, survole trop rapidement. J'y suis revenu par Queneau, en pensant au Yi-King, que je ne connais pour le coup pas du tout. Y revenir encore, plus tard. Ce qui se fabrique dans l'idée du livre et son désir, dans la fixation de l'objet feuilleté.
2- "Plus loin tu vas / moins tu connais"
3- Un manuscrit est-il un livre? A-t-il sa place dans une liste de livres? Au delà de l'amitié, un texte que j'ai lu de nombreuses fois et que j'aimerais compulser dans un vrai volume. Le texte est très fort, fin dans un geste de répétition de l'image et sa création: chaque lecture, selon qu'elle se focalise sur tel ou tel détail, change la perception de l'ensemble. Je le lis non comme le livre de Christophe, mais il se détache de l'image de l'ami, comme on enlève la planche de décalcomanie pour la ranger dans sa poche: ce livre, je me l'approprie dans la lecture, les lectures multiples. Abstraction de l'amitié vers le concret de l'objet, mien. Affection à distance, prise de relai.
4- lnk en cours de fabrication: on focalise sur les charnières, les hauts et bas de page, on n'en peut plus du texte à force de le déplacer. En général, je ne les relis pas, pas tout de suite, ils doivent prendre leur place. Ici, un vrai plaisir de relecture, après la mise en page, pour vérifier des détails et profiter du texte. Ce sont les derniers et je ne mesure pas bien la chance d'avoir publié des chapbooks que j'aime, d'auteurs que j'aime.
5- Lecture ratée de Théorème de densité  - encore un livre relu à plusieurs reprises, dont chaque fréquentation apporte un jour nouveau -, encore que: une impression de quelque chose qui m'avait échappé, dans une dimension plus "lyrique", pour simplifier... Laisser reposer. Echange avec Helena sur l'évolution de sa propre lecture d'Entre ou L'autre proximité.
6- Cochon farci est sans doute le livre que je préfère de Savitzkaya, dans la maîtrise formelle, le lyrisme sauvage, clinique et détaché, amoureux et féroce.
7- Lire un livre auquel on ne comprend, rien, qui vous échappe sans cesse, l'angoisse de la page blanche du côté du lecteur, pour reprendre une idée de Susan M. Schultz, et pourtant s'y laisser aller, voir ce qui se passe au bout du bout, en ayant le sentiment d'être dans un territoire totalement étranger, inouï, d'un exotisme total. Hiulques copules fend mon activité de lecteur: j'y vois bien un désir du livre (biblique dans la profération, mallarméen, y compris dans le théâtre des paroles qui ferme le texte), sa représentation corporelle, physique, sexuée aussi, un discours sur l'analyse (lacanienne?), mais globalement cela m'échappe. Je relis le texte que Michèle Cohen-Halimi lui a consacré dans L'Anagnoste, qui me conforte dans certaines impressions, mais ne m'éclaire pas pour autant. Un mystère, une énigme. Et qui me convient.
8- Deuxième partie de la relecture de K.O.S.H.K.O.N.O.N.G, dans une cohérence fuyante, en mire, le travail de Jean Daive. Je relève: "c'est mensonge combinatoire, reconnectant / phy et psy en codique alternance explique pas relation de quelle / vérité à quel secret" (K6, J.-R. L.); "les lignes étant subdivisées en courts segments - autant de croisements" (K7, G.M.); "Les deux verbes de la langue ajouter et séparer sont les seuls que l'on ait." (K8, T.G.); "L'incertitude maintient dans la dispersion le spectacle mais, parce que, et quoi si." (K9, R.W.); "Certains riaient de ne pas comprendre, d'autres entendaient seulement des balbutiements illogiques, d'autres encore étaient saisis par cette lutte inouïe pour le concept" (K10, M. C.-H.)
9- Reprendre Iser.

mardi 6 décembre 2016

Livres lus ou relus (terminés entre le 25/11 et le 1/12)

- Martin Richet, De l'âme, Eric Pesty Editeur, 2016
- Martin Richet, Bureau vertical Onze pour table, Les cahiers de la Seine, 2006
- Martin Richet, L'autobiographie de Gertrude Stein, Eric Pesty Editeur, 2011
- Gertrude Stein, Le livre de lecture, illustrations d'Alice Lorenzi, traduction de Martin Richet, Cambourakis, 2016
- K.O.S.H.KO.N.O.N.G, revue dirigée par Jean Daive, Eric Pesty Editeur, numéro 1, 2012
- K.O.S.H.KO.N.O.N.G, revue dirigée par Jean Daive, Eric Pesty Editeur, numéro 2, 2013
- K.O.S.H.KO.N.O.N.G, revue dirigée par Jean Daive, Eric Pesty Editeur, numéro 3, 2013
- K.O.S.H.KO.N.O.N.G, revue dirigée par Jean Daive, Eric Pesty Editeur, numéro 4, 2014
- Italo Calvino, Forêt-racine-labyrinthe, traduit de l'italien par Fournel & Roubaud, Seghers, 1991
- Anne Portugal, En parlant de salut public, lnk, 2012
- Eugène Savitzkaya, La folie originelle, Minuit, 1991
- Jean-René Lassalle, Rêve : Mèng, Grèges, 2016
- K.O.S.H.KO.N.O.N.G, revue dirigée par Jean Daive, Eric Pesty Editeur, numéro 5, 2014
- Emmanuel Hocquard, Ce qui n'advint pas, CIPM, 2016

1- Lire l'écriture de Martin Richet comme une lecture. Un renversement de perspective, un manuel de lecture. Sans doute lié aux circonstances (la traduction de Gertrude Stein, texte faussement enfantin, dans le plaisir du répété, et du bel objet cartonné et toilé, que ma fille a insisté pour que je choisisse). L'autobiographie de Gertrude Stein, dans ce à quoi elle allude (Toklas), et dans l'idée des traductions qu'en avait déjà fait Martin Richet, bien sûr. Et dans la préoccupation sur les effets du langage, perceptible dès son "premier" livre (personnel, sous son nom, même si on perçoit que les traductions s'ordonnent aussi selon un travail précis, qui en font aussi une "œuvre" de Richet). Dans De l'âme, la première page pose quelque chose de l'ordre de la lecture, dont je relève: "Soumission au papier. // Je vous soumets au papier. // La page se vide de lumière. // Il y a quelque chose en vous qui écrit. Qu'est-ce que c'est? C'est moi. // Il y a quelque chose en vous qui voit. Et quelque chose en moi ne parle pas." Une idée à creuser ou abandonner, mais l'envie de relire encore Richet.
2- Relire une revue, non plus à chaque livraison mais dans un continu, volume après volume, changer sa perception.
3- L'importance de la forme: le faible volume de la revue permet cette relecture, ce tissage de liens dans la lecture.
4- Je relève: "Consistance toujours utopique du lire" (K.1, M. C.-H.); "C'est sa capacité de recommencement qui se donne à lire." (K.2, M. C.-H.) "POUR QUI J'ECRIS? MAIS POUR QUI EST-CE QUE TU LIS" (K.3, W.H.); "chaque objet / tente de rassembler un corps", "Il y aurait donc une tentative, ici, de démontrer qu'une unité se faufile au milieu de ce désordre." (K.4, C. R.-J. puis J.-M. A.); "Etablir un plan ou une carte avec des parties inconnues." (K.5, J.-M. A.)...
5- Amusant conte médiéval et logique de Calvino, avec une stratégie de de retournement, de jeux en miroirs sur les personnages, un joyeux enchevêtrement ludique et frais. Quelque chose de simple, qui témoigne d'une complexité. Bien joué/jouer.
6- Relire Anne Portugal: quelque chose du conte de fée , y compris la gravité sautillante, une "inflexion" du prendre, du désir pris. Difficile d'expliquer à quelqu'un pour quoi. Voir plus haut.
7- Un Savistzkaya polyphonique, mais s'agit-il de théâtre? Toujours la répétition, l'anaphore et les lexiques obsédants, avec un langage proféré, avec une forme de Genèse, de poème de Création, avec des allusions explicites à la Bible, dans le nom d'un personnage, certaines formulations. Un jouir du langage, des paroles croisées, listées.
8- Première lecture à toute vitesse du dernier livre de Jean-René Lassalle, plus facile que Poèmes carrés, avec une règle assez simple, un mode d'emploi, mais qui mène à l'écriture de variations scintillantes, polymorphes, des cristaux. Un bel objet, avec sa calligraphie chinoise. J'y reviendrai.
9- Hocquard revient sur ses quatre livres d'Une grammaire de Tanger, mais chaque rebours d'Hocquard a toujours quelque chose de projectif. Toujours cette lecture limpide, mais qui amène plus loin qu'on y pensait au départ. Un jeu d'élasticité entre différents plans. Il serait intéressant de réfléchir à l'élégiaque inverse par un biais de ce genre.

mardi 29 novembre 2016

Livres lus ou relus (terminés entre le 18 et 24/11)

- Lisa Robertson, Le temps, Nous, 2016
- Raymond Queneau, Les derniers jours, Gallimard, 1936
- Eugène Savitzkaya, Mentir, Minuit, 1977
- Edouard Zarifian, Les Jardiniers de la folie, Odile Jacob, 2000
- Guillaume Apollinaire, Le poète assassiné, Fata Morgana, 2001

1- Les cousins Cidrolin, Valentin Brû et Alfred, qui observent tout ça plus ou moins de l'extérieur, un peu actifs mais pas vraiment, la comédie humaine, les jeux de miroirs entre les personnages, vraiment démultipliés dans Les derniers jours. Une lecture qui a toujours peur de perdre l'attention, de ne pas creuser assez en profondeur, qui de toute façon échappe, tant il me manque de clés. Mais toujours un vrai plaisir, un peu potache et très sérieux. Comme tous les jeux.

2- Savitzkaya avec le corps de la mère, l'image, le mensonge, le récit qui emprunte (on pense à Duras parfois) des voies détournées, cliniques et zoologiques, dans la répétition, la vibration, le mirage.
3- Retour sur les noms propres, au croisement de ces deux livres.Un vieux hobby.
4- J'ai entendu Zarifian à la radio il y a une vingtaine d'années et j'avais trouvé le propos intéressant, il parlait notamment de l'usage des somnifères. Un peu par hasard ce livre, qui fait le point sur la "folie" et les différentes méthodes de soin. Une synthèse intéressante, ouverte et assez globale (la première édition est de 1988), sûrement daté et discutable, mais qui donne à penser.
4- Les aventures faribolantes du poète Croniamantal, qui finira assassiné, doivent beaucoup à Rabelais et donnent envie de lire Grabinoulor. On est dans l'ordre de la pochade, mais comme dans le jeu, il y a toujours quelque chose de sérieux (je pense à certains textes d'Alcools, par exemple, auxquels on peu penser ici). Les linogravures de Pierre Alechinsky, faisant ses classes, où l'on perçoit des influences - et pas ce qui fait qu'on le reconnaît immédiatement. Miniatures. Je pense à la littérature bleue.
5- Robertson ou le casse-tête: les points d'accroches fuient, dans un texte riche, qui me fait penser à Steve Reich dans son côté répétitif, mouvant et prenant.

dimanche 27 novembre 2016

Livres lus ou relus (terminés entre le 11/11 et le 17/11)

- Bernard Minier, Glacé, XO / Pocket, 2011
- Clair Arthur, Mama délire, sorcière d'Afrique, Nathan, 2000
- Eugène Savitzkaya, Un jeune homme trop gros, Minuit, 1978
- Jean-Luc Godard, Histoire(s) du cinéma, 1, 2, 3 & 4, Gallimard / Gaumont, 1998

1- Le polar du moment. J'avais lu les deux enquêtes suivantes du commandant Servaz. Un thriller qui fonctionne très bien, avec des passages intéressants en dehors du polar.
2- Une erreur de livre pour le travail: inadapté par rapport à des adolescent. Je ne comprends pas non plus l'intérêt de ce livre, classé "humour" (et effectivement, un assemblage de blagues carambar), du point de vue narratif ou thématique. Quelque chose parfois affleure, puis disparaît sans raison.
3- Il y a toujours chez Savitzkaya quelque chose de corporel, presque clinique, dans l'écriture. On joue sur la répétition et la collection - le travail de liste intégrée dans la forme narrative- , sur une image mythique (l'enfance, le rapport à la mère, Elvis),  sur un rapport à l'inconscient, sur l'animalité aussi... On reconnaît facilement un de ses textes, et pourtant, on est surpris, fasciné par ce qui se dessine dans une dextérité, une orfèvrerie, une mécanisme horloger savamment agencé. partir d'une fausse biographie, en dégager certains dessins archétypaux et généraliser pour que le lecteur s'y retrouve, s'y reflète.
4- Une dimension sexuelle.
5- Magnifique objet, ce coffret en quatre volumes de Godard, qui reprend le film éponyme. Gros caractères, belles images.
6- Une dimension tragique.
7- "Montage mon beau souci"
8- Le livre, comme le film, est un montage, un assemblage d'images, de textes, de citations. Sans pourtant que la citation se fasse référence. Il s'agit plutôt d'une pâte, avec laquelle Godard peint son histoire, ses histoire du cinéma. Mais il ne s'agit pas d'un film sur l'histoire du cinéma, mais d'un film de l'histoire du cinéma, pour reprendre le distinguo de la Lettre à Freddy Buache.
9- Emotion. Le livre, comme le film, émeut plus qu'il n'étouffe par les références.
10- Un chef d’œuvre ou un point cardinal.