vendredi 18 août 2017

Livres lus ou relus (terminés entre le 1 et le 7/7)

- Bernard Friot, Pressé, pressée, Milan, 2002

1- Écrit dans le cadre d'une résidence, le livre introduit un fil: protagonistes réduits, répétitions de motifs (une famille, frère et sœur et parents, et l'amoureux du collège, des crocodiles fantasmés). On pense un peu à des exercices de style. Mais c'est moins varié, et du coup moins réussi. Et peut-être aussi une lassitude de ma part.
2- Ma fille dévore, piquée par une remarque, et c'est bien. Elle fait aussi sa propre bibliothèque, refuse les conseils, et c'est bien aussi. l'enfance de la lecture, comment on la construit.

Livres lus ou relus (terminés entre le 24 et le 30/6)

- Kate McMullan / Jeff Spackman, Le Trésor de la momie, traduit de l'anglais par Pascale Jusforgues, Gallimard, Folio Benjamin, 1997
- Dorothée Volut, Lettres Pauvres, Centre de Création pour l'Enfance de Tinqueux, 2017
- Dorothée Volut, L'écriture m'a donné une enveloppe, Contre-mur, 2011
- Dorothée Volut, Alphabet, Eric Pesty Editeur, 2008

1- Lecture de vérification: as-tu vraiment lu? Oui. Étrange position. Une brève nouvelle fantastique pour enfants, qui reprend tous les codes du genre. Ce qui fait que l'illustration est datée. Le mouvement des dates, dans leur perception.
2- Trois livres de Dorothée Volut, y chercher une généralité (drôle de position, aussi): quelque chose comme une écriture qui se donne en se cherchant, un autoportrait de scripteur. Jeu des hésitations. Il faudrait que je lise l'autre livre chez Pesty.
3- Lire vite: on chasse, un peu aux aguets, ce qui va bouger dans les lignes.

jeudi 17 août 2017

Livres lus ou relus (terminés entre le 17 et le 23/6)

- Christophe Mescolini, Westwerende, chantiers, édition privée, 2017
-Edwin Denby, The Climate, suivi de First Warm Days, avec douze traducteurs, Théâtre typographique, 2017
- Bernard Friot, Encore des histoires pressées, Milan, 1997
- Joseph Julien Guglielmi, Judass, Alain Benoît éditeur, 2006
- Frédéric Forte, Pentacles Mallarmé, La bibliothèque Oulipienne, 2017
- Ryoko Sekiguchi, Deux marchés, de nouveau, POL, 2005

1- A rebours des titres.
2- Le livre de Ryoko Sekiguchi, un de ceux que je préfère, marché au sens littéral et sens de celui joué avec le lecteur. Quelque chose d'à la fois évident et indéfinissable, dans le travail du littéraire, de ce qui fait sourdre le sens. Une relecture liée à un rappel: j'ai offert ce livre, il y a longtemps, parce que je le trouvais très beau. Et sa relecture est d'autant plus belle.
3- Frédéric Forte, poursuivant le travail engagé par Roubaud, s'approprie la forme avec dextérité, sous l'égide de Mallarmé. Et ça brille, et c'est beau. Comme des bonbons, vraiment très bons.
4- La mort de Guglielmi, premier traducteur du Billy the Kid, de Spicer, et qu'on ne lit sûrement pas assez. J'avais apprécié son journal dans Action poétique. Je constate ce jour-même qu'Alain Benoît est aussi décédé. Un très beau livre, avec des interventions d'Anne Slacik. La prose courante de Guglielmi alternant avec le vers, le bref, et une forme singulière. Livre long et court, "au sépulcre de leurs doigts". Il faudrait, là aussi, creuser dans une forme de luxuriance objective.
5- Friot, toujours amusant, friandises où je trouve des choses à utiliser au travail. Varias.
6- Edwyn Delby face à douze traducteurs et ça vaut le coup. Ne serait-ce que par l'étrangeté de l'écriture de Delby, qui semble à la fois limpide et ahurissante, à travers des sautes brèves, voltes rapides, quelque chose qui s'apparenterait à l'anacoluthe mais non. Les douze traducteurs proposent douze lectures et c'est douze pensées du textes qui se travaillent, comme en liens multipliés.
7- Fabriquer le livre d'un ami, pour l'en déposséder. Faire d'une lecture, la sienne propre. Relier des fragments, fabriquer un objet. Quelque chose d'anonyme et nommé. Et, chose étonnante, en profiter très vite, sans lassitude après la mise en page. Trouver des liens dans ce dédale, avec la confiance de l'auteur, et sans doute un échange dans le travail, sans que rien ne soit dit, entre la lecture et l'écriture. Ce sont des fragments c'est inachevé, et ça scintille. On trouvera les textes ici.
8- La quête, aussi, d'un livre.
9- Trouver le roman dans la fragmentation, dans l'absence de roman, fabriquer une linéarité, qui, sans doute, ne va pas, ne sied pas. Lire.



mercredi 12 juillet 2017

Livres lus ou relus (terminés entre le 10 et le 16/6)

- Frédéric Forte, Poèmes isolés, collection " Petit va", Centre de création pour l'Enfance de Quinteux, 2017
- Maud Sulter, Blood Money (Remix), traduit de l'anglais par Sika Fakambi et Anna-Lisa Dieter, Isabelle Sauvage, 2017
- Noémia de Sousa, Notre voix, traduit du portugais par Elisabeth Monteiro Rodrigues, Isabelle Sauvage, 2017

1- Ces Poèmes isolés ne sont pas la réédition du même titre aux éditions du Soir au Matin par Pierre Soletti en 2008. Ils en reprennent quelques uns mais varient encore plus la forme. Un poème isolé est un poème de trois vers qui contient en général le vers "un poème isolé" en position finale. Évidemment, il y a des variations, ce qui en fait un petit objet (fort beau, reliure à spirale, comme un petit carnet) très agréable à compulser, comme on ouvre un paquet de chocolats, de friandises.
2- Cette collection propose des textes écrits par des auteurs contemporains pour la jeunesse. ce n'est pas une démarche neuve, mais elle demeure importante, ne serait-ce que pour signaler l'existence d'une écriture poétique contemporaine. Je me souviens de l'enthousiasme d'élèves pourtant peu enclins à l'écriture pour cette forme, lors d'une visite de l'auteur dans mon collège, au point d'avoir formalisé leur propre recueil. Et ce n'est pas rien. D'autant que le démarche questionne, n'est pas uniquement un livre enfants, peut trouver des ramifications vers d'autres choses.
3- Un livre de bonne humeur.
4- Deux autres livres chez Isabelle Sauvage, dont je n'ai pas pris le temps d'écouter le CD. Pourtant, quelque chose me marque dans ces écritures: la présence effective de l'oralité, que rend paradoxalement très bien le travail de Florence Boudet pour les affiches, dans le travail sur les casses, les couleurs. A ajouter: souvent, chez ces auteurs, une implication politique importante (Noémia de Sousa, doublement), ce qu'on peut aisément comprendre.

lundi 10 juillet 2017

Livres lus ou relus (du 3 au 9 /6)

- Nii Ayikwei Parkes, La Moitié d'un citron vert, traduit de l'anglais par Sika Fakambi, Isabelle Sauvage, 2017
- Kofi Awoonor, La prière de mon père, traduit de l'anglais par Sika Fakambi, Isabelle Sauvage, 2017
- Warsan Shire, Où j'apprends à ma mère à donner naissance, traduit de l'anglais par Sika Fakambi, Isabelle Sauvage, 2017
- Zep, Nadia se marie (Titeuf 10), Glénat, 2004
- Bernard Friot, Nouvelles histoires pressées, Milan poche junior, 1992-2007
- Kamau Brathwaite, Negus, traduit de l'anglais par Sika Fakambi, Isabelle Sauvage, 2017

1- Nouvelle collection chez Isabelle Sauvage, dirigée par Sika Fakambi, d'auteurs africains et de la diaspora africaine, le plus souvent sous forme d'un cd audio, donnant des lectures dans la langue originale, parfois par l'auteur, la lecture en français et un mixage des deux, comme une métaphore de la voix dans la traduction, accompagné d'un livret reprenant le texte avec une notice biographique et un texte de présentation et une affiche reprenant le texte, mise en page par Florence Boudet, le tout sous un bel emboitement cartonné, assez brut. L'objet, comme souvent chez cet éditeur, est très beau, ouvre l'envie de lecture, et pour le coup me permet de découvrir tout un pan de la poésie dont j'ignore à peu près complètement l'existence. Une belle initiative qu'il convient de saluer.
2- Sans entrer dans les textes, qui feront l'objet d'une note pour le CCP, je constate quelques éléments communs: outre le rapport au corps, qui est sans doute l'un des nœuds des éditions Isabelle Sauvage, la notion d'héritage est très présente ici, ainsi que celle du renouvellement., de la tension entre ces deux pôles.
3- L'affiche comme genre littéraire. C'est quelque chose de très particulier. Essayer de comprendre ce qu'on y fait, ce qui s'y passe, à la confluence de quels percepts.
4- Je me demande bien ce que ma fille comprend à Titeuf, qui la fait pourtant beaucoup rire. Pas tout, me dit-elle (trop adolescent pour elle, souvent trop lié à la vie amoureuse et à un regard plus adulte sans doute). Quelque chose ici, comme un hommage à d'autres auteurs (Larcenet, Gotlib, Margerin et tout un tas d'autres dont je ne vois pas qui ils sont, où dont je perçois pas la présence...),qui apparaissent en second plan. J'aurai lu un Titeuf.
5- J'aime les Histoires pressées de Friot, récits express, contes abrégés, un peu absurdes, traversant les genres, les climats, deuxième volume lu à la fois pour ma fille et le travail. Quelque chose de la friandise. Un travail d'écriture qui cherche le plaisir du lecteur, ce qui se sent.
6- Lectures essentiellement dans la brièveté, la rapidité.



dimanche 9 juillet 2017

Livres lus ou relus (terminés entre le 26/5 et le 2/6)

Rien: travail envahissant et  nécessité de rêvasser. Temps morts, d'oubli, accélérés et ralentissements, retours, doublés: pas plus que dans le livre, il n'y a de linéarité.

mercredi 5 juillet 2017

Livres lus ou relus (terminés en tre le 19 et le 25/5)

- Robert Pinget, Du nerf, Minuit, 1990
- Pascal Quignard, Pour trouver les enfers, Galilée, 2005

1- Je reviens à Pinget de temps à autre, depuis Théo, lu il y a bien longtemps. Il faudrait creuser, prendre le temps de regrouper, mettre en perspective cet ensemble autour d'un personnage.
2- Ouvrir le livre de Roudaut, un des quelques que je n'ai pas encore lus, et qui attend dans la bibliothèque (moment et désir, vie des livres).
3- Théo, entre Monsieur Teste et Godot (et peut-être une postérité dans le premier livre de Chevillard): aphorismes, paradoxes, goût de la foirade. Attente de la fin, l'occupation.
4- "Une description.
Mais on ne décrit que ce qu'on ne voit pas. Condition requise, insouciance, légèreté, jeunesse.
Même le souvenir se dérobe." (11)
5- "Un auteur incompréhensible à la moyenne du public, c'est-à-dire jouant du paradoxe ou de la multiplicité du sens est immédiatement taxé d'absurde. Curieux retournement. L'absurde défini par son contraire." (84)
6- Quignard, à partir d'opéras, coupe, démonte, recolle, travaille la réduction, la brièveté de la forme, digest mais très fin.
7- Pas le moment, étrangement, alors même que l'idée devrait m'intéresser. Le texte me reste un peu opaque. Une fine pellicule m'empêche d'y entrer. On note, on reviendra.