samedi 17 septembre 2016

Livres lus ou relus (terminés entre 9/9 et le 15/9)

- David Lespiau, La poule est un oiseau autodidacte, L'Attente, 2005
- David Lespiau, Réduction de la révolution la nuit, Contrat Maint, 2005
- James Sacré, Monsieur l'évêque avec ou sans mitre, Le dé bleu, 2002
- Eric Pessan, L'écorce et la chair, Les éditions du Chemin de fer, 2008
- David Lespiau, De l'électricité comme moteur, L'Attente, 2006
- David Lespiau, La fille du département fiction (carnet Hawaii), L'Attente, 2007
- David Lespiau, Djinn Jaune, L'Attente, 2008
- David Lespiau, Oh un lieu d'épuisement, Contrat maint, 2009
- David Lespiau, Férié, Les Petits matins, 2010 (Postface d'Emmanuel Hocquard)
- David Lespiau, Quatre morcellements ou l'affaire du volume restitué, Le bleu du ciel, 2006
- David Lespiau, Djinn John, L'Attente, 2011
- David Lespiau, L'intérieur du jour, Haute école d'art et de design, Genève, 2012
- David Lespiau, Un Conto, Amastra-n-Gallar, 2013 (trad. gallicienne et photographie d'Emilio Arauxo)
- David Lespiau, 70 je piqués de biais, lnk, 2013
- David Lespiau, 27 réponses, lnk, 2013
- David Lespiau, Notes de production, Contre-mur, 2013
- David Lespiau, Notes pour rien, Contrat maint, 2014
- Jean-René Lassalle, Poèmes Carrés, Grèges, 2012

1- L'histoire de la savonnette qui échappe toujours de la main quand elle a chu dans l'eau du bain: suivre une idée, avoir des intuitions, pfffffuit!
2- Penser aux bulles: une bulle seule, ses déformations, la structure formée par des bulles, leurs déformations, leur assemblage, la notion de frontière, de limite et cependant de lieu de contact, de communauté. Battre en neige, dans l'analogie, à tirer sur la corde.
3- Un livre de livres: chaque livre, son espace de lecture indépendante, ses déformations, regrouper, déformer, observer les lieux de contacts, les frontières... L'idée que Lespiau travaille avec ça.
4- Notes (au moins deux titres, mais on peut extrapoler).
5- Amusant livre de James Sacré, que je connais très mal (le lien se fait par Emilio Arauxo): simplicité de lecture, mais travail autotélique aussi, potache parfois, alternant avec finesse dans l'idée d'une compréhension immédiate. J'ai trouvé à qui l'offrir.
6- Eric Pessan: road-récit en Italie (Wenders, cité). Une sorte de nouvelle à chute (novella, pour le coup), si l'on veut, mais où la forme joue avec la forme: une réussite (aussi dans l'idée du jeu). Une lecture extrêmement agréable, qui donne envie d'aller plus loin et de donner à lire.
7- Chaque chose à son rythme.
8- Jean-René Lassalle a écrit une étude passionnante sur le poème carré, qu'on peut lire sur Poézibao (pour les autres épisodes, chercher). Un édition papier serait souhaitable.
9- Poèmes carrés: j'y ressens parfois une parenté technique mais sans gêne. Travail aux limites du sens, dans une mise en forme parfaite, jouant de diverses possibilités, chacune éclairant l'autre, anacoluthes, diffractions, néologismes, fusion de mots, texte en cours de fission, et dépôts successifs, dans une dynamique scintillante et enthousiasmante. J'aurai mis beaucoup de temps à lire ce livre, qui compte vraiment.
10- "hasard d'indifférence agrafe à saccadés par sampler" (p. 115, Champ 9)

mardi 13 septembre 2016

Livres lus ou relus (terminés entre le 2/9 et et le 8/9)

- Michel Butor, La Révolution dans l'arboretum, encres de Claude Viallat, AB éditions, 2002
- Pierre Alferi, Brefs, POL, 2016
- Olivier Cadiot, L'art poetic', POL, 1988
- Gabriel Gauthier, Simurgh & Simorgh, Théâtre Typographique, 2106
- David Lespiau, L'épreuve du Prussien, Le Bleu du ciel, 2003
- David Lespiau, Opération Lindbergh, Contrat maint, 2002
- David Lespiau, La mort dans l'au l'âme download (85 polaroïds de plage), Spectres Familiers, 2003

1- Michel Butor a beaucoup écrit de poésie. Michel Butor a publié de nombreux livres-objets chez des éditeurs minuscules. Celui-ci est une belle réussite. Quatrains en quatre saisons, lexiques au travail dans les jeux phoniques, encadrés dans les encres de Claude Viallat.
2- Pierre Alferi dans des proses qu'on peut qualifier de critiques, théoriques, ou l'on voit parfois émerger son premier livre sur Ockham. Ce livre marque par son enthousiasme et son regard sans concessions sur le champ poétique contemporain. Au delà de la polémique: il donne à penser, à chercher, à travailler. "Confection moderne" et "neuf pistes", sont remarquables comme introductions et espaces d'approfondissement et de réflexion. Relire Chercher une phrase.
3- Je connais, hélas, trop bien le livre de Cadiot. J'aimerais retrouver une lecture fraîche, la première. J'en retrouve cependant des bribes, lorsque je suis pris dans le rythme. J'ai produit un petit travail sur L'art poetic' à l'université, il y a plus de 20 ans. J'en connais encore des passages presque par cœur, dont le rythme s'est marqué dans ma mémoire. La double claque de la première lecture, qui m'avait semblé simple et évidente, et du travail sur et à partir de ce livre, balbutiant, mais qui permettait déjà de voir du champ. Heureusement, chaque lecture apporte aussi son lot de choses neuves (penser aux poètes l=a=n=g=u=a=g=e).
4- Gabriel Gautier propose un livre contenant un, deux ou trois textes et probablmenet plus. En face, tête bêche, rompus par le milieu de la page, l'espace entre les langues. Le procédé est simple (mais il fallait y penser: écrire/traduire son propre texte et jouer sur le débord, le mouvement - c'est autre chose que les craductions). Une réussite.
5- Il conviendrait de faire une grosse commande au théâtre typographique (ceci est une publicité).
6- Quelque chose me turlupine avec David Lespiau, en lien avec son dernier livre, comme s'il m'apportait un éclairage neuf sur les autres. Du coup, je relis tout (et me rends compte que certaines lectures furent trop rapides).
7- Lespiau est un auteur de procédés, de séries, de suites, de rejets (en botanique).
8- Lespiau découpe des bandes, travaille le cut-up, le ready-made, la citation, coud et rassemble, marque ou gomme les coutures, fait parfois des blagues (si si, on peut rire), construit et déconstruit un récit en entrelacs par anacoluthes.
9- Lespiau en ce moment m'intrigue (et c'est plutôt stimulant).
10- Lespiau est-il l'auteur d'un espèce de somme?

samedi 10 septembre 2016

Livres lus (terminés entre le 26/9 et le 1/9)

- Jacques Roubaud, Vieux Coppée Nouveaux, Bibliothèque Oulipienne, 221, 2015
- Jacques Roubaud, Le tour du monde en 80 strophes, Bibliothèque Oulipienne, 230, 2016
- Michel Dosza, Le Vampire de Bréhat, Astoure 2009

1- De l'importance du travail de l'éditeur: un livre mal ponctué, mal corrigé, avec des longueurs épouvantables, une intrigue du coup difficile à suivre et peu cohérente... On pourrait dire Il aurait fallu. Cependant, de ces maladresses, tirer quelque chose, dans ce qui désagrège le récit, peut-être: ce que nous apprennent les mauvais livres.
2- Jacques Roubaud s'empare d'une forme, joue avec une prosodie traditionnelle, fabrique un digest de classique romanesque en quintils octosyllabiques rimés. Un règle, un processus, à la fois vain et stimulant, jouant des délimitations générique et réceptives: "La règle est générale". Simplicité d'abord mais dans une interrogation plus vaste.
3-"Il suffit. A quoi bon s'étendre!"
4- Coppée. Pluriel des noms propres.
5- Pastiche à distance, sans naïveté, hommages et pointes acides. J.R. règle aussi ses comptes (Vieux Coppée, en abyme - mais on le sait: quoiqu'on en dise, il existe une tradition, un substrat à toute forme, qu'on s'inscrive dans ou contre - & Other traditions, pour citer Ashbery). Du coup, l'envie aussi d'aller voir les différentes parties, rouvrir d'autres livres. Lieu d'échange aussi.
6- Dans ces Vieux Coppée, le travail autobiographique, touchant, qui prend place dans, tisse des liens avec la somme des livres de Roubaud. Question de densité, et de légèreté, l'échange entre les deux. Un livre difficile à réduire, très beau.
7- Reprendre le GIL.

vendredi 9 septembre 2016

Livres lus ou relus (terminés entre le 19/8 et le 25/8)

- David Lagercrantz, Millenium 4, traduit du suédois par Hege-Roel Rousson, Actes Sud, 2015
- Dominique Fourcade, Le ciel pas d'angles, POL, 1983
- Dominique Fourcade, Xbo, POL 1988

1- Une suite, avec d'autres suites, suppose-t-on avec sagacité. Mais qui tire un peu la ligne.
2- Le polar comme forme fixe.
3- Relire Dominique Fourcade: inventivité et dextérité dans la forme. Le jeu anaphorique, qui n'est jamais dans l'idée de la répétition, toujours en densité. Système d'échos, d'avancée pas à pas.
4- Lettres, mots, phrases, dans une visée du récit éludé de ce qui se fait sous l'oeil.
5- Xbo, sans doute, le plus marquant au moment t.
6- Dans l'effacement des lectures, le retour joue aussi avec cet effacement.
7- Une semaine de vacances (trains et lits autres).

samedi 27 août 2016

Livres lus ou relus (terminés entre le 12/8 et le 18/8)

- Robert Grenier, 100 sentences / 100 phrases, traduit par Martin Richet avec l'auteur, L'Attente, 2005
- Jean Daive, L'Exclusion, Galerie Jean Fournier, 2015
- Horace Mc Coy, Black Mask Stories, Le Livre de Poche, 1975
- Alain Veinstein, L'introduction de la pelle (Poésies 1967-1989), Seuil, Fiction et Cie, 2014

1- Beau livre objet de Robert Grenier, fiches dans un bel emboitage, hélas épuisé (mon premier exemplaire a été détruit dans un dégât des eaux, il en reste les fiches gondolées, avec une vague idée d'en faire quelques chose - avec les images d'un autre livre presque détruit, l'Atlas).
2- Il faut lire les traductions de Martin Richet, s'abonner à Jacataqua, ainsi que ses propres livres. Relire son premier. La traduction est aussi une partie de son œuvre, dans une construction particulière semble-t-il. Une oscillation d'un pan à l'autre.
3- Plus que le temps, c'est parfois le moment de lire qui est le plus important.
4- Jean Daive: essai, autobiographie, livre d'entretiens (Beuys, Balthus, Broodhaets, Rauschenberg), archivisme. Travail ardu, radical, précieux, dans le rapport du regardeur à l’œuvre d'art, en 3D internalisée. Notule à paraître dans les CCP.
5- Des nouvelles parues dans des pulps (nom donné à la pâte à papier): à la fois un cliché, l'utilisation de canevas (particulièrement les histoires de rangers), et une inventivité stylistique assez surprenante. Black mask. Je repense à On achève bien les chevaux.
6- Veinstein: travail dans la répétition, le peu (pelle, bras, terre, etc.), dont le fonctionnement ne confine surtout pas à l'anaphore: un réagencement sans cesse. Répétition sur les amas. Je repense à Scène tournante.
7- AMA. En chambre d'écho.
8- Approfondir une lecture, un auteur, mettre en perspectives mouvantes chaque lecture.
9- Trouver le moment.



vendredi 26 août 2016

Livres lus ou relus (terminés entre 5/8 et le 11/8)

- Brenda Iijima, Audible bio, Longhouse, 2003
- Emmanuel Hocquard, Ma haie, POL, 2001
- Emmanuel Hocquard ou Juliette Valéry, Conjonctions, 2001
- Emmanuel Hocquard, Cette histoire est la mienne, Notes, 1997
- Emmanuel Hocquard, L'Invention du verre, POL, 2003
- Emmanuel Hocquard, Silva, Contrat maint, 2003
- Emmanuel Hocquard, Conditions de lumière, POL, 2007
- Emmanuel Hocquard, Méditations photographiques sur l'idée simple de nudité, POL, 2009
- Emmanuel Hocquard, Ruines à rebours, L'Attente, 2010
- Emmanuel Hocquard, Une grammaire de Tanger, CIPM, 2007
- Emmanuel Hocquard, Terrasse à la kasbah, CIPM, 2006
- Matti Yrjänä Joensuu, Harjunpää et le fils du policier, traduit du finnois par Anne Colin du Terrail, Gallimard, 1997
- Emmanuel Hocquard, Les babouches vertes, CIPM, 2009
- Emmanuel Hocquard, Les coquelicots, CIPM, 2011
- Emmanuel Hocquard, Avant, CIPM, 2012
- Frédéric Forte, Dire ouf, POL, 2016
- Jeu de cartes à Tanger, ESACT, 2004
- Jeu de Cartes à Tarbes, ESACT, 2008
- Emmanuel Hocquard, Un anniversaire, Contrat maint, 2015

1- Relire tout Hocquard ou à peu près pour un travail: rythme forcé et plaisir incessant de lecture, dans l'investigation, où l'on perd la mire, sa ligne, en étant pris dans l'avancée.
2- Ma haie est un excellent investissement que l'on ne saurait trop conseiller: à la fois boîte à outil, livre de poésie, récit, rebuts intéressants, choix et investigation. Troisième lecture, me semble-t-il.
3- Submergé par l'émotion en relisant Conditions de lumière, comme je puis l'être à chaque visionnage du Miroir de Tarkovski. Se sentir idiot mais heureux.
4- Réfléchir: la dette qu'il y a envers L'art poétic' de Cadiot (chez Hocquard, mais aussi la génération qui suit Cadiot - une rythmique, un phrasé, un usage de langue...?)
5- Polar finnois très sombre: "Êtes-vous seulement humains?" demanda Nousiainen, si bas qu'on l'entendit à peine."
6- La forme d'un livre conditionne en partie sa lecture (relevés identiques ou différents selon l'édition - où se joue le rythme, l'attention posée) - plaisir de la forme livresque (les "petits" Hocquard - impeccable Silva chez Contrat maint -, Brenda Iijima, qui est aussi éditrice, notamment d'un livre de Jill Magi - son travail, à elle aussi, sur le livre, le cousu...).
7- Dire ouf, beau cadeau, inattendu dans l'attendu, la dextérité technique et la lisibilité, facile à l'abord. (merci Christophe).
8- Dévorer les livres, digérer, observer les restes, les notes, les impressions. Et le mal de dos! ("Est-ce que tu as tout retenu?"Je ne pense pas, mais je ne voulais pas apprendre par cœur. Est retenu, ce qui peut.)
9- Reprendre: les livres, relever dans un ordre donné, ne pas relever ce qu'on avait forcément prévu, laisser place à quelque chose qui pouvait n'y pas prendre place. Chercher la place dans une liste à refaire, à mettre en ordre.
10- Retrouver, dans des nœuds de lecture, des préoccupations récentes ou du moment, d'autre lieux à creuser: Godard, Larbaud...

mardi 9 août 2016

Boîte à outils

Il est question deux fois de "concept jetable" dans Ma haie d'Emmanuel Hocquard, et plus exactement dans l'entretien avec Stéphane Bacquey (273-292, et plus exactement encore: 278, 291).

"On aimerait que la "qualité" d'une architecture ne tînt ni à sa démesure, ni à son aspect spectaculaire et/ou spéculatif, mais au rôle qu'elle joue, éthiquement, dans le paysage et les vies qui l'incorporent." (Emmanuel Hocquard, Ruines à Rebours, l'Attente, 2010 - 41-42 + W. - au cas où ça pourrait aider à quelque chose sur le monumental dans l'art)

"Ces instants 'de conviction' bien réels, appelons-les des percepts." (Emmanuel Hocquard, Terrasse à la kasbah, Cipm, 2006 - 2)

"[...] se doter des outils nécessaires (les concepts mais aussi les affects) pour opérer incessamment des rapprochements, inventer des relations, permettre de nouvelles connections entre les choses [...]" (Emmanuel Hocquard, "Ne jamais chercher à conclure", entretien avec Francis Cohen, in Ligne 13, n°2, 2010 - 112)

[c'est moi qui graisse]